Le PVC n'a qu'un argument, et c'est un faux calcul
Nous fabriquons des menuiseries aluminium depuis plus de vingt ans dans notre atelier de 2 500 m² à Mennecy (91). Soyons clairs et factuels : on prête au PVC un seul argument, le prix, et cet argument lui-même est un mythe dès qu'on achète en direct. Le PVC est presque toujours vendu via un réseau de distribution (négoce, poseur-revendeur) qui empile les marges, quand notre aluminium sort directement de l'atelier, au prix usine. À dimensions égales, une fenêtre PVC de revendeur revient très souvent au même prix, voire plus cher, qu'une fenêtre aluminium achetée en direct chez nous.
Et même quand il s'en tire un peu moins cher à l'achat, c'est un faux calcul : on paie pour un plastique souple qu'il faut renforcer d'acier dès qu'il grandit, un consommable, là où une menuiserie devrait être un investissement de plusieurs décennies. Le tableau ci-dessous passe chaque critère au crible.
| Critère | Aluminium (MAC) | PVC |
|---|---|---|
| Prix en direct usine | Prix usine, sans marge d'intermédiaire | Vendu via négoce ou revendeur, marges empilées |
| Isolation (Uw) | Jusqu'à 0,88 W/m²K (MasterLine 8 triple vitrage) | Bon en petite taille, plafonne en grand |
| Finesse des profilés | Fin et rigide, plus de clair de vitrage | Épais, renforts acier dès que ça grandit |
| Grandes baies | Jusqu'à 8 × 4 m (COR Vision Plus) | Limité, lourd, plus cher à dimensions égales |
| Teintes sombres | Stables (Qualicoat), 200+ RAL, bicoloration | Se dilatent, gondolent, déconseillées en grand |
| Durée de vie | Plusieurs décennies sans déformation | Jaunit et devient cassant sous les UV |
| Recyclabilité | Recyclable indéfiniment, filière rémunératrice | Recyclable sur un nombre de cycles limité |
Isolation thermique : la rupture de pont thermique a rebattu les cartes
La réputation de « l'alu qui isole mal » date des profilés d'avant la rupture de pont thermique : l'aluminium conduit la chaleur, donc les anciens cadres pleins la laissaient fuir. Les systèmes actuels intercalent des barrettes de polyamide renforcé de fibre de verre entre les demi-profils intérieur et extérieur, et sur le Cortizo COR 70 que nous fabriquons, ces barrettes atteignent 35 mm de profondeur. Le pont thermique est coupé.
Résultat sur nos gammes : le COR 70 Ouvrant Caché atteint Uw 1,0 W/m²K, le COR 70 Industrial descend à 0,9 W/m²K, et le Reynaers MasterLine 8 atteint 0,88 W/m²K en triple vitrage Ug 0,5, un niveau compatible avec les maisons passives, très en dessous des seuils de la RE 2020. Côté acoustique, ces mêmes fenêtres montent jusqu'à 46 dB Rw.
« L'alu isole mal » : une idée d'avant la rupture de pont thermique
L'argument répété depuis trente ans ne correspond plus à ce que mesurent les essais sur les gammes aluminium récentes. Elles font jeu égal avec le PVC, voire mieux, et durent bien plus longtemps sans se déformer.
Finesse des profilés : l'avantage mécanique de l'aluminium
C'est une question de physique avant d'être une question de goût. L'aluminium est beaucoup plus rigide que le PVC : à dimensions égales, il porte le même vitrage avec des sections nettement plus fines. Le PVC, lui, doit être renforcé par des armatures acier dès que la fenêtre grandit, ce qui épaissit les masses vues et alourdit le dessin.
Des profils plus fins signifient plus de vitrage pour la même ouverture dans le mur : plus de lumière naturelle et une vue moins découpée. L'aluminium permet aussi des esthétiques que le PVC ne sait pas produire : l'ouvrant caché (la fenêtre apparaît comme un châssis fixe vue de l'extérieur) ou le style verrière d'atelier, comme notre gamme Reynaers IndusLine 68 avec ses trames verticales noires. C'est exactement ce qui nous a été demandé rue de Lille, dans le 7e arrondissement de Paris : la réhabilitation d'un immeuble haussmannien exigeait des ouvrants à cadre caché pour préserver la façade d'origine, avec des performances thermiques modernes. En PVC, ce chantier n'aurait pas été possible.
Coulissants et grandes baies : là, le PVC coûte plus cher que l'alu
C'est le point que les comparatifs grand public oublient toujours : sur un grand coulissant, le PVC n'est pas seulement moins performant que l'aluminium, il est plus cher, systématiquement. Et la raison est mécanique, pas commerciale. Le PVC est un plastique trop souple pour porter un grand vitrage seul : il faut glisser des renforts en acier dans chaque profil, multiplier les chambres, épaissir les sections. Plus la baie grandit, plus on empile l'acier et la matière, et la facture grimpe, pour un châssis qui reste lourd, épais et bridé en dimensions.
L'aluminium fait l'inverse : rigide par nature, il porte le même vitrage avec des profils plus fins, sans armature rapportée. À dimensions de baie équivalentes, un grand coulissant aluminium revient toujours moins cher qu'un coulissant PVC bardé de renforts, tout en étant plus fin, plus léger à la manœuvre et bien plus durable.
Au-delà du prix, il y a le mur technique. En fenêtre, nos vantaux montent à 1 500 × 2 600 mm sur le COR 70 Industrial, et jusqu'à 2 800 mm de hauteur pour 300 kg par vantail sur le Reynaers MasterLine 8. En coulissant, le Cortizo COR Vision Plus accepte des châssis jusqu'à 8 mètres de large sur 4 mètres de haut, avec des vantaux de 400 kg en manuel et 700 kg en version motorisée. Nous avons fabriqué exactement cette baie pour une villa à Alcudia, à Majorque : 8 × 4 m d'un seul tenant, face à la mer. À Noisy-le-Roi, une baie 3 vantaux du même système ouvre une maison familiale sur son jardin. Aucun coulissant PVC ne s'approche de ces dimensions, à aucun prix.
Durabilité, dilatation et teintes : ce qu'on observe sur vingt ans
L'aluminium ne rouille pas, ne se voile pas, ne jaunit pas. Le thermolaquage que nous appliquons est certifié Qualicoat, avec plus de 60 microns d'épaisseur de laque : la teinte tient des décennies, y compris en exposition plein sud. La rigidité du cadre protège aussi la quincaillerie : un ouvrant qui ne se déforme pas, ce sont des galets, des gâches et des compressions de joints qui restent réglés.
Le PVC, lui, vieillit visiblement, et c'est tout le paradoxe de son unique argument. On le choisit pour son prix, or le PVC d'entrée de gamme est précisément celui qui jaunit, grise et ternit sous les UV, et qui devient cassant au fil des étés. Le matériau se dilate aussi beaucoup plus que l'aluminium : sur les teintes sombres (noir mat, anthracite, celles qui dominent les demandes), un profil exposé plein sud accumule la chaleur, se déforme et peut gondoler durablement, au point que certains fabricants déconseillent ces coloris en grande dimension. Un profil aluminium thermolaqué Qualicoat, lui, ne change pas de teinte au bout de quinze ans : c'est du métal, pas du plastique.
La couleur est d'ailleurs un terrain déséquilibré. Le PVC se choisit pour l'essentiel en blanc ou en beige, avec quelques films plaqués. L'aluminium se thermolaque dans plus de 200 teintes RAL (mat, texturé, métallisé, tons bois Qualideco) et permet la bicoloration : anthracite côté rue pour répondre à l'architecte ou au PLU, blanc côté pièce pour la luminosité. Noir mat et RAL 7016 dominent aujourd'hui les demandes résidentielles, et le PVC n'y répond que très partiellement.
Entretien et recyclabilité : un match plus serré qu'on ne le dit
Sur l'entretien, match nul : alu comme PVC se nettoient à l'eau savonneuse une à deux fois par an, sans peinture ni traitement. La différence se joue à long terme, sur la stabilité des teintes et des réglages, pas sur la corvée de nettoyage.
Sur la fin de vie, l'aluminium prend l'avantage : il se recycle indéfiniment sans perte de propriétés, en ne consommant qu'une fraction de l'énergie de sa production initiale, et ses chutes ont une vraie valeur marchande, ce qui garantit une filière de collecte qui fonctionne. Le PVC se recycle aussi, mais sur un nombre de cycles limité et avec une filière moins rémunératrice. Pour un maître d'ouvrage attentif au bilan matière de son bâtiment, c'est un critère qui pèse.
Comment choisir : quatre profils de projet
Après vingt ans de chantiers, voici comment nous répondons quand on nous pose la question « alu ou PVC », y compris quand la réponse honnête ne nous arrange pas.
Rénovation et investissement locatif
L'aluminium valorise le bien : baies fines, loyer et prix de revente plus élevés, aucune déformation entre deux locataires. Le surcoût d'achat se récupère en valeur.
Maison contemporaine, grandes baies
Aluminium sans hésitation : coulissants jusqu'à 8 × 4 m (COR Vision Plus), galandage, profils fins, vantaux lourds motorisés. Le PVC n'existe pas sur ce terrain.
Patrimoine et façade exigeante
Ouvrant caché ou esthétique atelier (IndusLine 68). Masse vue réduite et bicoloration concilient conservation et performance, comme rue de Lille à Paris 7e.
Sécurité ou objectif passif
L'aluminium cumule sécurité renforcée (RC2/RC3) et très haute performance (Uw jusqu'à 0,88 W/m²K, MasterLine 8) sur un même châssis. Le PVC plafonne vite.
Notre métier, c'est l'aluminium, et notre conseil est franc
Nous ne vendons pas de PVC, et ce comparatif n'a pas cherché à le réhabiliter : sur la durée, le plastique ne rivalise pas avec le métal. Le seul terrain où le PVC s'impose encore, c'est un budget d'achat verrouillé au plus bas, en acceptant d'y revenir plus tôt et de rogner sur la valeur du bien.
Pour tout projet pensé sur la durée (et une menuiserie se vit sur des décennies), l'aluminium est le bon calcul : grandes baies, finesse, couleur stable, sécurité, performance passive. Chaque menuiserie est fabriquée sur mesure dans notre atelier de Mennecy (91), sur les gammes Cortizo, Reynaers et Technal, avec un devis chiffré sous 48 heures. Envoyez-nous vos plans ou vos dimensions : la réponse sera précise, chiffrée, et elle sera honnête.





